Bécassine

Becassine

Seulement français Francese e italiano

Un champ de blé prenait racine
Sous la coiffe de Bécassine,
Ceux qui cherchaient la toison d'or
Ailleurs avaient bigrement tort.
Tous les seigneurs du voisinage,
Les gros bonnets, grands personnages,
Rêvaient de joindre à leur blason
Une boucle de sa toison.
Un champ de blé prenait racine
Sous la coiffe de Bécassine.

C'est une espèce de robin,
N'ayant pas l'ombre d'un lopin,
Qu'elle laissa pendre, vainqueur,
Au bout de ses accroche-cœurs.
C'est une sorte de manant,
Un amoureux du tout-venant
Qui pourra chanter la chanson
Des blés d'or en toute saison
Et jusqu'à l'heure du trépas,
Si le diable s'en mêle pas.

Au fond des yeux de Bécassine
Deux pervenches prenaient racine,
Si belles que Sémiramis
Ne s'en est jamais bien remis'.
Et les grands noms à majuscules,
Les Cupidons à particules
Auraient cédé tous leurs acquêts
En échange de ce bouquet.
Au fond des yeux de Bécassine
Deux pervenches prenaient racine.

C'est une espèce de gredin,
N'ayant pas l'ombre d'un jardin,
Un soupirant de rien du tout
Qui lui fit faire les yeux doux.
C'est une sorte de manant,
Un amoureux du tout-venant
Qui pourra chanter la chanson
Des fleurs bleu's en toute saison
Et jusqu'à l'heure du trépas,
Si le diable s'en mêle pas.

A sa bouche, deux belles guignes,
Deux cerises tout à fait dignes,
Tout à fait dignes du panier
De madame de Sévigné.
Les hobereaux, les gentillâtres,
Tombés tous fous d'elle, idolâtres,
Auraient bien mis leur bourse à plat
Pour s'offrir ces deux guignes-là,
Tout à fait dignes du panier
De madame de Sévigné.

C'est une espèce d'étranger,
N'ayant pas l'ombre d'un verger,
Qui fit s'ouvrir, qui étrenna
Ses joli's lèvres incarnat.
C'est une sorte de manant,
Un amoureux du tout-venant
Qui pourra chanter la chanson
Du Temps des c’ris's en tout' saison
Et jusqu'à l'heure du trépas,
Si le diable s'en mêle pas.

C'est une sorte de manant,
Un amoureux du tout-venant
Qui pourra chanter la chanson
Du Temps des c’ris's en tout' saison
Et jusqu'à l'heure du trépas,
Si le diable s'en mêle pas.


A wheat field was growing
Under Becassine's cap,
Those who were looking for the golden fleece
Elsewhere were quite wrong.
All the lords of the neighborhood,
Bigwigs, big shots,
Were dreaming of adding to their coat of arms
A ringlet of her fleece.
A wheat field was growing
Under the Bécassine headdress.

He was a regular guy
Without a penny
That she, winning, let hang
From her heart-stealers
He's a sort of a boor
Who gets excited about everything
Who will be able to sing the song
Wheats of gold in every season
And until he passes away
If the devil doesn't get in the way.

Deep in Becassine's eyes
Two violets were growing,
So beautiful that Semiramis
Never quite forgave her.
And big names in capital letters,
Paramours with noble lineage
Would have given all their riches
In exchange for this bouquet.
Deep in Becassine's eyes
Two violets were growing.

It's a kind of rascal,
Without a shade of a garden,
A worthless suitor of nothing
Who made her look at him with sweet eyes.
He's a sort of a boor
Who gets excited about everything
Who will be able to sing the song
Wheats of gold in every season
And until he passes away
If the devil doesn't get in the way.

On her mouth, two beautiful cherries,
Two cherries quite worthy,
Quite worthy of the basket
Of Madame de Sevigne.
The landowners, the landed gentry,
All madly in love with her, idolaters,
Would have willingly emptied their purse
To afford these two cherries,
Quite worthy of the basket
Of Madame de Sevigne.

It was an outsider,
Without the shade of an orchard,
Who began, made to open
Her pretty red lips
He's a sort of a boor
Who gets excited about everything
Who will be able to sing the song
Cherries’time in every season
And until he passes away
If the devil doesn't get in the way.

He's a sort of a boor
Who gets excited about everything
Who will be able to sing the song
Cherries’time in every season
And until he passes away
If the devil doesn't get in the way.


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